La première chose qu'on rencontre dans le silence n'est pas la paix. C'est tout ce qu'on essayait de fuir en courant.
On s'assoit enfin sans rien faire — et c'est pire. Un sentiment d'impatience. Des bouffées d'émotions. Une envie presque physique de prendre son téléphone.
Et l'on se dit que le silence n'est pas fait pour soi.
Voici ce que j'ai constaté : le silence ne crée pas l'inconfort. Il révèle ce que le bruit recouvrait. L'inquiétude était déjà là, à tourner discrètement en dessous de votre émission préférée.
C'est comme ouvrir les volets d'une pièce fermée depuis des mois. La lumière n'abîme pas la pièce : elle montre la poussière.
Certains trouvent dans le silence une peine mise de côté. D'autres des choix qu'ils remettaient à plus tard. D'autres encore une fatigue immense, qui a enfin le droit de s'exprimer. Cela passe — plus vite qu'on ne le redoute — mais seulement en la traversant, jamais en la contournant.
Que vous évite d'entendre votre bruit de fond habituel ?
Choisissez un moment de silence que vous comblez d'habitude — l'eau qui chauffe, le trajet en ascenseur — et laissez-le vide. Trente secondes. Sans chercher à meubler.
Si la baisse du bruit ambiant fait remonter des souvenirs douloureux ou des crises d'angoisse, ce n'est pas un échec : c'est le signe qu'un professionnel spécialisé doit vous accompagner.

